À la mémoire d’Henri

28 octobre 2010

henriC’est l’automne, depuis quelques jours, les feuilles changent de couleur ; les unes après les autres, elles meurent, elles tombent, dépouillant les arbres calmement, sûrement ; c’est l’automne.
Depuis quelques mois, jour après jour, un homme robuste comme un chêne, plein de vie, dont on enviait la vigueur, la santé, s’est laissé aller, bien qu’il se soit défendu de son mieux. Il nous a quitté mercredi, rongé de l’intérieur par ce mal sournois, implacable, le cancer, laissant dans la peine deux grandes familles péronnaises : les Granger, les Braillard.
Henri est né le 28 août 1936 aux Martins, à Péronne. Il était le 8ème enfant d’une famille qui connut 10 naissances. Après l’école primaire, il participa aux travaux de la ferme familiale. Puis, ce fut l’appel sous les drapeaux. Il est de ceux qui accomplirent 27 mois dont un long séjour en Algérie, participant à ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui une guerre.
Adhérent à la F.N.A.C.A., il est titulaire de la médaille du combattant.
A son retour du feu, il épousa Denise Braillard, une Péronnaise d’adoption qui lui donna un fils Patrick en 1960 et une fille Nadine en 1963.
Sa carrière professionnelle fut dense, mais linéaire, dans les travaux publics, où il excella pour terminer en qualité de chef d’équipe. Une carrière exemplaire, qui malgré la pénibilité des tâches de l’époque, par tout temps, ne cessait de le poursuivre.
Deux passions, hormis sa famille, le football : il fut joueur, dirigeant et supporter ; et le tarot avec ses amis.
Chacun se souviendra d’Henri Granger, de sa prestance, de son imposante chevelure blanche, de son sourire, de son amabilité, de son affabilité. Un mot gentil à chacun lorsqu’il se promenait dans son cher village.
Nombreux se souviendront de sa notion du service rendu, en sa qualité de collecteur de commandes de fuel pour obtenir le meilleur prix et d’accompagnateur du livreur suivant un itinéraire précis et un planning respecté.
Chacun se souviendra de l’homme de l’art, du finisseur de travaux douteux, pelle, pioche, râteau, balai en mains.
D’aucuns se remémoreront Henri Granger pilotant un engin de travaux publics, qu’il maniait avec calme et précision.
Tous nous nous souviendrons de Henri, un homme curieux, curieux de tout, précis, pointilleux même, qui ne souffrait pas l’approximation, qui n’acceptait pas l’à peu près.
Henri, je me rappellerai, comme mes collègues du Conseil Municipal, que tu as assuré jusqu’au début de cette année, les missions qui t’étaient confiées : l’animation de la commission voirie et pour cause et ta participation à 5 autres commissions dont celle d’assurer le suivi des locations des salles communales ; et en plus, des délégations dans 3 syndicats intercommunaux.
Hélas, nous ne te verrons plus, au cours du tour de table de fin de conseil, ouvrir ton petit carnet et nous signifier ce que toi, tu avais vu sur le terrain et qui nous avait échappé.
Quel vide tu laisses, Henri Granger, à un moment où de longs travaux s’ouvrent à Péronne, travaux que tu aurais voulu et dû suivre comme tu savais le faire !
Mais comme l’écrivait Lamartine :
«Ainsi tout change,
Ainsi tout passe,
Ainsi nous-mêmes nous passons.»
Henri Granger, ta mémoire nous sera chère, ta mémoire nous sera indispensable.
Jusqu’à ce jour fatal du 22 septembre, tu as vécu entouré de tous tes proches, épouse, enfants, petits enfants, que tu chérissais et qui te le rendaient bien.
A vous Denise, à vous ses enfants et petits-enfants, à vous ses frères et sœurs, beaux-frères et belles-sœurs, à toute sa famille, au nom des Péronnaises et des Péronnais, au nom des membres du Conseil municipal, mes collègues, au nom des employés de la commune, en mon nom, je vous adresse nos condoléances les plus sincères, vous livre le témoignage de notre plus profonde sympathie et vous dis toute notre amitié.
Je te salue une ultime fois, cher Henri.
Paul Brunet